Comme vous viendrez à le constater par la (très prochaine) suite, Sofia Coppola est une de mes figures de proue de la réalisation. Je suis tombée amoureuse de son univers et de ses personnages, tous un peu les même, certes, tous un peu plus perdus les uns que les autres dans un monde où ils se sentent trop à l'étroit. Marie-Antoinette est à l'image de Lux Lisbon ou de Charlotte et Bob Harris ici.
Mais quand j'ai découvert Lost In Translation un soir d'hiver sur Arte, sans vraiment savoir pourquoi, sans connaître le nom de la réalisatrice, je m'attendais à un film d'action, d'argent et de filles. De fille, il y en a une. Et remarquablement interprétée par Scarlett Johansson, naturelle, simple, fraîche, souriante. Pour lui donner la réplique, Bill Muray. Nom inconnu, je découvre.
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| Scarlett Johansson et Bill Murray |
Elle, perdue dans le bazar de sa vie de jeune mariée à un photographe surbooké qui lui offre à peine quelques moments d'affection. Lui, qui, à cinquante ans, survit entre les harcèlement en moquette de sa femme et les tournages de la publicité pour ce fichu whisky. Deux personnages paummés qui se retrouvent dans l'effervescence de la capitale nippone, Tokyo. Contraste interessant. Perdus dans la traduction. On s'attend à la véritbale love story, le coup de foudre, l'histoire clichée construite de toute pièce et qu'on voit venir dès les trois premières minutes, mais on assiste tout simplement à la rencontre de ces deux personnes. Et c'est dans ce film que le mot "rencontre" prend tout son véritable sens. Un homme, une femme, une rencontre. Point. Une rencontre faite de finesse et subtilité, simplement parce qu'on est attiré par la personnalité de l'autre, qu'il nous intrigue, qu'on a envie de partager quelque chose avec l'autre. Le partage. Un mot important aussi dans ce film. Ce qui semblait complètement vide devient petit à petit moins désagréable lorsqu'on le partage à deux. Et puis ces instants de silences. Les plus beaux que j'ai jamais vu dans un film. Des silences parce que les mots n'ont pas leur place ou parce qu'ils n'ont pas besoin d'être dits pour être compris.
Et ce qu'il lui chuchote à la fin du film, que ça reste entre eux. Ce moment leur appartient.
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