dimanche 26 septembre 2010

J'ai tué ma mère (Xavier Dolan - 2009)

Xavier Dolan
J'avoue avoir rabâcher les oreilles de quelque uns avec ce film. Et pour cause, j'ai enfin pu voir le premier film de ce fameux Xavier Dolan. Qui donc est-il ? Qui est ce nouveau venu sur le devant de la scène du cinéma et qui est-il pour avoir autant déferler la chronique lors du Festival de Cannes il y a un an et par la même occasion, en a profité pour rafler trois prix à la Quinzaine des réalisateurs ? Qui est celui qu'on qualifie de "génie", de "petit prodige", qui est capable d'écrire réaliser, interprêter et produire son premier film à 19 ans ?
Le jour tant attendu est arrivé, je vais enfin avoir la réponse à mes questions. J'ouvre le DVD, je lance le film et... je savoure.




J'ai tué ma mère est un film aussi violent que son titre le laisse paraître. Une véritable confrontation entre Hubert et sa mère à huis-clos. Les dialogues, durs et amers ricochent contre les parois du cadre, ne trouvant aucune issue à cette impasse et se retournent contre ses personnages. Les insultes proférées par Hubert envers sa mère et toute cette rage qui lui écorche la voix font apparaître le malaise profondément enfoui chez l'adolescent. La tendresse n'est cependant pas si loin. Cachée dans un vieux tiroir, endormie dans des vieux souvenirs, capable de réapparaître entre deux accès de violence et de faire une trève au milieu de cette fièvre haineuse. Sous la forme d'un film-documentaire, Dolan entreprend aussi une réflexion sur la relation mère-fils et nous prend en témoin lorsqu'il se filme, face caméra, se mettant à nu dans sa salle de bain, exposant ses diverses considérations à ce sujet. Peut-on à la fois aimer et haïr sa mère ? Qu'est-ce qui fait de moi un bon ou un mauvais fils ? Comment lui dire ? Et comme un réalisateur est avant tout un artiste, on se fait plaisir aux yeux. Ces ralentis, ces plans de dialogues, ce cadre, ces couleurs, cette musique (Surface of Atlantic, Crystal Castle, Vive la Fête, Vivaldi). On voit que le talent, tout comme le professionalisme, sont là. A 19 ans, bordel.

"J'imagine que, aux yeux des gens, haïr sa mère c'est un pêché.
C'est hypocrite quand même. Eux aussi ils ont haït leur mère, c'est sûr.
Ca a peut-être duré une seconde, ça a peut-être duré une heure,
peut-être que ça dure plus, peut-être que ça a été oublié, je sais pas,
mais je m'en fous, ils l'ont quand même fait."


Anne Dorval et Xavier Dolan

A noter : Le deuxième film de Xavier Dolan, Les Amours Imaginaires, sort ce mercredi. Pour voir la bande-annonce, c'est ici : Les Amours Imaginaires (bande-annonce)

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