samedi 16 octobre 2010

Les Petits mouchoirs (Guillaume Canet - 2010)

Guillaume Canet

J'attendais la sortie du nouveau film de Guillaume Canet depuis un bon petit moment, et bien j'ai même eu la chance de le voir en avant première. Il faut dire qu'on l'attend au tournant le beau Guillaume  depuis son premier film césarisé, Ne le dis à personne. Alors, qu'est-ce que le meilleur réalisateur de 2007 nous a-t-il réservé pour ce film qui semble si important à ses yeux, à en juger ses multiples interviews des dernières semaines ?

Et bien, permettez-moi de faire descendre notre très cher Guillaume Canet de son piédestal le temps d'une critique.

Oui, et je le revendique, j'ai assisté ce soir à ce que je craignais assister, c'est à dire une comédie dramatique mi-mièvre, mi-savoureuse. Durant tout le film, je n'ai fais que jongler entre le (vrai) rire, les (vraies) larmes, et... l'exaspération, il faut bien le dire. C'est d'ailleurs très désagréable de se sentir ainsi ballotée entre des émotions si opposées.


L'histoire, on commence à la connaître : une bande de potes qui partent en vacances pendant qu'un des leurs restent sur Paris, victime d'une accident de la route. Le scénario, du déjà vu. La bande de potes en vacances c'est vieux comme Les Bronzés. Mais ici ça marche, certainement parce que ladite bande de potes en est une dans la vraie vie. Marion Cotillard, François Cluzet, Benoît Magimel, Jean Dujardin, Gilles Lelouche,... en plus d'être une belle flopée d'acteurs, c'est aussi et avant tout la-bande-à-Guillaume (à laquelle on ajoute la magnifique participation de Mathieu Chédid *amoureuse* ). Alors pas étonnant qu'on se marre sur ce tournage. Mais l'effet "film de vacances" est à double tranchant. Il est à la fois réussi car cette énergie communicative qui se dégage du groupe fait qu'on se paie une franche marade aux côtés des acteurs (et pas des personnages. J'y tiens à cette nuance !), mais c'est aussi dévalorisant pour le film car on ne peut s'empêcher de faire la comparaison avec des navets français dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Les gags sont faciles, l'humour y est à répétition et les personnages sont trop. Max est trop excité, Marie est trop sensible, Antoine est trop lourd, Isabelle et Valérie sont trop discrètes, Jean-Louis est trop the-voice-of-wisdom et même les enfants sont trop inutiles (Benoît Magimel est aussi trop baraqué soit dit en passant...).  On a du mal à s'identifier aux personnages. On assiste plus à leurs vacances qu'on y participe et honnêtement, j'aurai même eu du mal à y participer financièrement parlant. Les sorties ski nautique, les buffets d'huîtres, la nounou-même-pendant-les-vacances,... Le côté vacance-de-riche fait légèrement grincer des dents.









Les émotions, bien que faciles, sont néanmoins belles et bien présentes et vraies. Une irréprochable sincérité s'en dégage. Les fou-rires reflètent une super ambiance lors du tournage, les larmes, elles, sont boulversantes. L'émotion dans un film, c'est bien. C'est même important. Mais comme partout, on pourrait dire que "trop d'émotion tue l'émotion".  Sans dévoilé la fin du film (quel crime !), il faut dire tout de même qu'on termine le film en  plongeant tête la première dans un pathos à en faire lever les yeux aux ciel. La sensibilité, d'accord. Mais je n'aurais jamais pensé que notre réalisateur viril et belle gueule duquel on est toutes tombées amoureuses aurait pu être l'auteur d'autant de gnangnantisme à certains moments. Certaines scènes ne font d'ailleurs qu'alourdir ce fade bourbier dans lequel on s'enlise. C'est sévère, je l'admet, mais Guillaume Canet sauve tout de même les meubles en nous servant le tout sur une belle bande originale qui confirme ses bons goûts et son amour pour la musique (à savoir qu'il a notamment participé à l'écriture d'une des chansons). A ce propos, un seul bémol peut-être : le passage où Maxim Nucci joue sa jolie chanson à la guitare autour de la table ressemble un peu trop à une promo du nouvel album de Monsieur Yodelice...

Il est peut-être là le problème de ce film. On ne peut s'empêcher d'être agacé et conquis à la fois. On trouve ça niais au possible mais on se fait quand même avoir . Parce qu'il faut bien le dire, ses "Petits mouchoirs", Guillaume Canet a tout de même réussi à me les faire sortir.


P.S. : Ok, j'ai aussi littéralement bavé pendant la scène où Mathieu Chédid était à l'écran. Que voulez-vous ? Je venais de rencontrer l'homme de ma vie, ça fait un choc.

Mathieu Chédid

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